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La Papeterie Tsubaki et La République du Bonheur : douceur et écriture japonaise

Cette semaine, je parle de lecture d’origine japonaise. On m’a prêté La Papeterie Tsubaki et La République du Bonheur d’OGAWA Ito. J’ai lu les deux tomes dans le désordre et commencé par La République du Bonheur, attirée par son titre et parce qu’il traînait dans ma pile à lire.

D’ailleurs, un troisième tome de cette série est sorti en début d’année. 

Couverture du livre La papeterie Tsubaki d'OGAWA itoCouverture du livre La république du Bonheur d'OGAWA Ito

 

Le récit s’attache à Hatoko, une jeune femme de 25 ans qui revient à Kamakura pour reprendre la papeterie de sa grand‑mère et tutrice.

Alors, peut-on les lire dans le désordre ? Disons que c’est possible, mais certaines subtilités m’ont échappé jusqu’à ce que je lise La Papeterie Tsubaki, qui apporte davantage de contexte.

📚 Un cadre apaisant : Hatoko et la papeterie

On suit Hatoko, une jeune Japonaise de 25 ans qui retourne à Kamakura, sa ville natale, pour reprendre la papeterie de sa défunte grand-mère, qui fut aussi sa tutrice. Le récit nous plonge dans son quotidien, d'écrivaine publique où chaque lettres qu'elle rédige est révélatrice d'intensions et de sentiments au travers de ses choix.

🗾 Comparaisons et influences

Vous connaissez déjà mon amour pour le Japon, que j’ai partagé à travers mes expériences culinaires chez Shiawassé :

Mes dessins sont aussi fortement influencés par l’esthétique nippone. Pourtant, ce n’est que récemment que j’ai commencé à lire des romans japonais.

Mon tout premier, Mémoires d’une Geisha d’Arthur Golden, n’est pas japonais à proprement parler ; il est américain. Mais il m’a ouvert la voie. Je l'avais lu suite à une recommandation du film du même nom par une camarade de lycée qui m'avait également suggéré de lire le livre pour aller plus loin dans la vie des Geisha. Il est vrai que si le film a des visuels somptueux, le livre va beaucoup plus loin sur tous les aspects d'apprentissage pour devenir une Maiko puis une Geisha. 

⏳ La narration japonaise : lenteur contemplative et mélancolie

Ce que j’aime dans la littérature japonaise, c’est cette sensation que le temps ralentit. On savoure l’instant présent, souvent teinté d’une douce mélancolie. Cela me rappelle la musique de Merry Christmas, Mr. Lawrence - Ryuichi Sakamoto, qui pour moi a le même feeling. A la réflexion, je m'imagine presque une atmosphère similaire lorsqu'on parle d'Otsukimi, la fête où l'on contemple la plus belle lune de l'année. C'est une lenteur contemplative reposante. L'opposé de notre mode de vie actuel où tout doit aller vite.

Ici, OGAWA Ito ne redécrit pas sans cesse les personnages, on les prend dans l’instant présent. Contrairement à J.K. Rowling qui, dans les premiers tomes de Harry Potter, répétait souvent les mêmes descriptions, ce qui pouvait lasser. D'un ouvrage à l'autre on ne va pas vous ré-expliquer pourquoi tel personnage s'appelle Panty et tel autre QP (et qu'il faut lire KewPie). D'ailleurs en parlant de QP, au delà du fait que ce soit en référence à la mascotte de la célèbre marque de mayonaise japonaise, j'ai trouvé ça drôle que le personnage lui même ait un affect spécial avec le produit.

Bouteille de mayonnaise de la marque Kewpie qui a inspiré le personnage de QP dans les romans d'OGAWA Ito

 

 💖 Choix et sens du détail

Pour en revenir à la Papeterie Tsubaki, j'ai trouvé que le deuxième tome plus attendrissant, alors que le premier m'apportait plus d'explications sur certains points comme les prénoms des personnages. Bon je l'ai peut être aussi moins apprécié car je connaissais la situation finale de tous les personnages. Il y a également cet aspect où le développement des relations entre les personnages se fait de manière très rapide et est un peu sorti de nul part. Le développement des liens est typiquement un des aspects qui selon moi peut trainer dans la longueur car il explique beaucoup de choses. Ce qui est plutôt le cas de celle entre Hatoko et l'Aînée. On a plus matière pour éprouver de l'empathie par rapport à ce qu'elle ressent ; implicitement c'est une relation qui s'est constuite sur près de 18 années. 

La particularité de cette série est que Hatoko est écrivaine publique et les missives sont imprimées dans le livre. De ce fait, après chaque lettres, il y a la version japonaise permettant d'avoir une idée du style d'écriture. Actuellement je ne pense pas pouvoir apprécier pleinement les subtilités calligraphique telles que décrite dans les livre.

En parlant d'encre et papier, dans ces ouvrages, on trouve de très belles descriptions à chaque fois sur les choix du support, de l'outil et l'encre, qui sont mûrement réfléchis en fonction du destinataire. Je pense que ce sont ces parties avec le développement des relations avec l'Aînée que j'ai le plus apprécié. Récemment je regardais un short de la youtubeuse Enchantée Erica - une japonaise qui vie en France- qui traitait rapidement du sujet "Les japonais ne sont pas romantiques !?". Ce à quoi elle a répondu que si en France on déclame notre amour surtout avec des fleurs et des mots, au Japon ce sont les attentions de tous les jours ou plutôt éviter de blesser l'autre. Erica prend l'exemple de ses parents où sa mère faisait en sorte qu'il y ait toujours des douceurs à grignoter pour le retour de son père car il aime ça. Dans les livres La Papeterie Tsubaki, on retrouve cet aspect où l'attention qu'on met dans le choix des matérieux des missives est révélateur de ses intentions. Je dois apprécier cet aspect aussi parce que je me reconnais un peu dedans. Vous n'imaginez pas à quel point je tord mon cerveau quand il s'agit de faire un cadeau à quelqu'un. L'ennui, c'est que lorsque j'en reçois, j'ai parfois le sentiment qu'ils ne sont pas aussi recherchés... ou quand je vois mes emballages cadeaux ouvert à la manière d'un enfant alors que j'ai passé du temps à les plier... Dans ces cas là, il faut juste que je me souvienne de moins me prendre la tête la prochaine fois.

Cette attention au détail m’a aussi rappelé Le Restaurant des recettes oubliées, où les descriptions portent sur les ingrédients, leur support et leur pouvoir évocateur. Encore une fois, on retrouve cette temporalité propre à l’écriture japonaise.

🖋️ La papeterie japonaise 

Dernier point sur ces livres d'OGAWA Ito, la papeterie. Je n'aimais pas particulièrement les rentrées scolaire, mais les rayons dédiés dans les super marchés c'était un peu Disneyland pour moi. Alors ça me fait d'autant plus sourire quand je lis les descriptions de plumes en verre, de marque de stylo plume, d'encres...etc sachant que j'ai littérallement ces mêmes articles à 3 mètres de moi. La dextérité pour les maîtriser par contre, on repassera. 

Pour conclure sur La Papeterie Tsubaki, je pense que j'apprécie plus les petites scènes où Hatoko traite les demandes en tant qu'écrivain publique et celles où elle confronte son point de vu et celui de l'Ainée. Ce qui est raconté entre et notamment les relation, je les ai trouvé un peu ...creux. La note est un peu rude, mais je mettrai un : Ok tiers.

⚔️ la guerre pour lire 

Petite fun fact avant de clôturer cet article : on m’a souvent considéré comme quelqu’un qui n’aimait pas lire. Ironique, non ? Aujourd’hui, j’écris un article sur des bouquins.

Sans prétention, j’avais envie de partager une réflexion. Pendant mon enfance et mon adolescence, mes parents ont bataillé pour que je lise de « vrais livres » et pas seulement des BD ou des mangas. Selon eux, cela aidait à améliorer mon français. Peut-être qu’on retient inconsciemment l’orthographe de certains mots et qu’on enrichit son vocabulaire… mais l’expérience n’a pas été concluante pour moi.

Mes expériences de lecture ratées

  • Chercher chaque mot inconnu dans le dictionnaire En lisant À la Croisée des Mondes, j’ai cherché toutes les inventions du premier chapitre… sans rien trouver. Résultat : je n’ai pas poursuivi ma lecture. Pas très immersif comme méthode.

  • Lire les romans disponibles à la maison On m’a conseillé Harry Potter. Mais les quatre premiers tomes étaient un supplice : ils démarraient tous de la même manière et je ne les trouvais intéressants qu’à partir de la moitié. On m’a même suggéré de « sauter des chapitres ». Pas très engageant.

  • La reconnaissance d’une prof de français Lors d’une réunion parents-prof, elle a affirmé : « [...] Vous savez, les BD et les mangas, ça reste une forme de lecture. [...]» Une phrase qui m’a marqué. Car oui, les mangas peuvent être des thrillers ou aborder des sujets complexes, tout comme certains romans peuvent être très légers. Celle là c'est plutôt un râté pour mes géniteurs. 

Morale

Ne forcez pas quelqu’un à lire pour améliorer ses notes en français. La lecture doit rester un plaisir, pas une contrainte. Dans mon cas je dirais plus que c'est plus de la curiosité qu'un réel plaisir.

Finissons sur une note positive : c’est en lisant Le Livre des étoiles d’Eric L’Homme que j’ai eu l’idée saugrenue d’essayer une tartine beurre + pâte à tartiner au chocolat. Depuis, ces tartines ultra caloriques accompagnent mes petits-déjeuners.

Et vous, la lecture, ça vous est venu comment ? (Pas de tiers liste InkTober cette semaine)

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