Accéder au contenu principal

Steam Néo Fest 2026 - Le gueuleton des démos

Depuis plusieurs années, publier un jeu sur Steam est devenu un véritable battle royale pour les studios indépendants. La quête de visibilité et de wishlist est essentielle pour espérer obtenir un bon classement dans les recommandations et apparaître dans le bandeau principal lors de la sortie.

À cette loi de la jungle s’ajoute désormais l’usage massif de l’IA pour gagner en productivité — ou en rentabilité pour certains —, un soupçon de mécaniques d’addiction via des systèmes de récompenses et de randomisation, le tout saupoudré de la nécessité d’être streamable.

Résultat : adieu l’expérience de jeu unique. Une fois le jeu streamé, tous les viewers connaissent déjà le contenu et n’ont plus forcément d’intérêt à l’acheter. D’où l’importance croissante du random pour renouveler l’expérience. Paradoxalement, le stream reste aussi un excellent moyen de gagner en visibilité, surtout lorsqu’il passe entre les mains d’influenceurs.

Dans cette course folle, les événements comme le Steam Neo Fest deviennent cruciaux. C’est l’occasion de faire tester son jeu, de gagner en visibilité, mais aussi de valider — ou non — ses choix de gameplay directement auprès des joueurs. C’est aussi le moment où l’on réalise que certaines interfaces sont “claquées au sol” et pas du tout accessibles.

L’avantage de ce type d’événements, c’est le retour des démos jouables. Tester un jeu pour voir s’il nous correspond permet d’éviter l’achat compulsif basé sur un stream ou sur le fameux “ce jeu est fait pour toi”. On connaît tous ce jeu laissé dans un coin pendant trois mois… ou testé trois heures avant de comprendre qu’il ne nous convient pas. Bien sûr, comme un trailer, une démo peut être ultra alléchante alors que le jeu final déçoit.

Ci-dessous, je vous propose deux tests parmi les dix initialement prévus, réalisés en stream. Je ne pensais pas que mes runs seraient aussi longues. Les tests complets sont disponibles en rediffusion sur Twitch pendant une semaine, ou sur ma chaîne YouTube dédiée, où j’ai commencé à poster mes let’s play de Split Fiction avec Baron Morg von Wigard.

🌲 Tukoni : Gardiens de la Forêt

 

Présenté comme une aventure mignonne et confortable, le jeu propose de résoudre des puzzles dans une direction artistique adorable. Le protagoniste que l’on incarne ressemble à un koala par ses couleurs, mais porte un sac à dos-gland qui laisse penser qu’il va finir par hiberner. Il semblerait que ce soit le premier jeu du studio Dream Operator.

Dans cette aventure, les animaux se préparent à hiberner et, grand prince que nous sommes, nous aidons les gardiens de la forêt. Notre propre objectif reste flou… ou alors j’ai raison : nous sommes peut-être l’intrus, le koala qui sirote son thé au gland plutôt qu’à l’eucalyptus.

C’était mignon, mais terriblement lent. Lent inutilement. Les contrôles n’étaient pas clairs, surtout à la manette. On prend des notes tout au long de l’aventure, mais j’ai compris comment ouvrir le carnet au bout de 45 minutes… Ce qui m’a fait tenir ? Les succès intégrés. La définition des chemins n’est pas optimale non plus : j’ai eu plusieurs fois l’impression d’être bloquée. Et ce final sur la préparation du thé… à quel moment tire-t-on un tiroir pour faire infuser son thé dedans ? PARDON ?!

 

Au-delà de ces ajustements de gameplay et d’interface, le jeu peut être vraiment sympa. Ce serait dommage de gâcher tout ce travail pour quelques améliorations pourtant essentielles.

🥐 The Witch’s Bakery

Il s’agit d’un RPG d’aventure 2D dans lequel on incarne Lunne, une sorcière boulangère installée à Paris. Son objectif : guérir le cœur des gens grâce aux produits de sa boulangerie-pâtisserie.

 

J’ai découvert le jeu via un post Instagram. L’ambiance m’a immédiatement intriguée, avec une petite vibe Kiki la Petite Sorcière. Après y avoir joué, ça me rappelle aussi beaucoup Magical Dorémi.

 

Je pense être un peu biaisée : la thématique me parle énormément. Mais il y a quelques points à améliorer. D’abord, l’expression de Lunne : je n’arrive pas à expliquer pourquoi, mais dans le jeu, elle a parfois un air un peu… bête. Certaines animations manquent de cohérence : en tenue civile, elle se retrouve soudain avec son tablier de cuisine. C’est bref, mais visible.

Côté gameplay, comme souvent dans ce type de jeux, la lassitude peut s’installer. Les cinq premières heures seront sûrement très agréables, mais sans ajouts, la redondance risque d’arriver vite. En deux heures de jeu, on le sent déjà. Certaines animations pourraient être passées, comme celle où Lunne se prépare chaque matin. Une fois, ça va. Tous les jours, sans possibilité de la skipper, c’est beaucoup.

 

Le jeu semble pensé pour clavier-souris avant la manette. Ça se ressent surtout lors de la cuisine pour améliorer les recettes. Après quelques bugs, j’ai testé la souris : c’est bien plus fluide. L’interface, bien que très mignonne, manque d’accessibilité. Le texte blanc sur fond jaune est illisible. Les contrastes pour savoir quel bouton est sélectionné sont quasi inexistants. Cela confirme l’idée que la manette n’était pas la priorité, même si elle est supportée.

 

Enfin, certains éléments graphiques gagneraient à s’inspirer de standards éprouvés. Par exemple, les commandes dans la boulangerie : elles n’apparaissent qu’à proximité des clients. Habituellement, on les affiche en haut à gauche, façon file d’attente de restaurant. Là, si on est en train de refaire une pâte, on ne voit plus rien.

Je l’ai wishlist, mais mon avis reste biaisé. Si le jeu continue dans cette direction, ce sera un jeu sympa, mais sans plus. Cela dit, pour sa défense, il semblerait que ce soit une première production.

C’est tout pour cette semaine. Avec un peu de chance, j’aurai terminé ma run de Split Fiction avec Baron pour vous en parler. Sinon, on continuera sur les démos et les tests de jeux pour le moment.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Atelier de cuisine japonais Shiawassé à Belberaud : Thème Otsukimi

🌸 Connaissez-vous vraiment la cuisine japonaise ? À côté de la tech et du dessin, j’ai une autre passion : bien manger. Comme beaucoup, mon intérêt pour le Japon m’a naturellement conduite à explorer sa gastronomie. Mais en France, l’offre culinaire japonaise se résume souvent aux sushis et aux ramens. Alors, si vous avez goûté à ces plats, êtes-vous certain d’avoir expérimenté la véritable cuisine japonaise ? Ou s’agit-il d’une version édulcorée, adaptée au palais occidental ? Je ne vous jetterai pas la pierre — moi aussi, j’ai commencé par les sushis, la sauce soja sucrée, et les kits de makis vendus en supermarché. C’était une première approche accessible. Mais un jour, j’ai eu envie d’aller plus loin, de découvrir des mets plus authentiques, plus représentatifs de la richesse culinaire nippone. C’est ainsi que, de fil en aiguille, j’ai participé à un atelier de cuisine japonaise traditionnelle près de Toulouse, chez Shiawassé . Une expérience immersive qui m’a permis de comprendre...

Back in the Game : renaissance créative après des années d'absence 🌱

Reconnexion en cours ✨: mon come-back sur la toile Après de longues années d' absence sur le web , il semblerait qu'une nouvelle étincelle jaillisse pour y partager mes péripéties. 🎭 Quand la fausse excuse devient une vérité confortable Dessin réalisé en 2020 - OC Naja L'arrêt, c'était pour les études . Je ne gérais plus rien, ou il fallait peut-être que je me reconcentre pour éviter de finir à la rue ; ou juste accéder à mon indépendance . Cette pause , je ne suis pas certaine qu'elle m'ait réellement fait du bien d’un point de vue épanouissement personnel . J'ai lâché le dessin , cette passion qui m'avait conduite à penser qu’un jour j’arriverais à un métier créatif . Aujourd’hui, on est plutôt dans le questionnement : est-ce que c’est encore un passe-temps qui m’anime ? Il y a un souhait de s’y reconnecter, mais depuis, l’indulgence est morte — ou encore moins existante — et le lâcher-prise est plus difficile. En d'autres termes, je suis encore...

Coffee Talk - Le jeu - Partie1

 "Welcome, please take your seat" Cette semaine, on va parler d'un projet personnel autour de Coffee Talk ; un petit jeu indépendant créé par Toge Productions sorti en 2020.  Oui, en ce moment j'essaie de dézinguer ma pile de projets commencés jamais réellement finis. Je trouve que ça tue un peu la créativité et l'envie. Mauvais bait ? Ou trick cognitif pour se dire "Ok ce projet est terminé" ? Quelle est la notion de "fini" d'ailleurs ?  Coffee Talk Coffee Talk est un visual novel, où l'on incarne le barista d'un café dans un Seattle fantastique, peuplé d'orcs, de succubes, d'elfes et bien d'autres créatures en tout genre. Le jeu adopte un style pixel art, accompagné d’une ambiance très chill. On y prête une oreille attentive aux histoires de nos clients tout en leur servant leurs commandes. On n'est clairement pas sur un gameplay de ouf ou révolutionnaire. C'est plus une ambiance "pose ton cerveau" sa...

Me contacter

Nom

E-mail *

Message *