Retour à l’atelier : un tantanmen en bis repetita
Une fois n’est pas coutume, je me suis rendue à un atelier de cuisine japonaise chez Shiawassé à Belberaud, dont je vous parle régulièrement.
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Cette fois-ci, c’était un bis repetita : le thème portait sur la soupe tantanmen, que j’avais déjà réalisée auparavant. N’étant pas certaine de trouver tous les ingrédients dans ma nouvelle région, je me suis réinscrite pour le plaisir.
Surprise sur le marché local
Ironie du sort, j’ai finalement trouvé du pak choï local sur le marché de ma ville. Même si l’ingrédient peut être remplacé, j’ai cuisiné des tantanmen avant l’atelier… ou plutôt, ma moitié a décidé qu’on allait en faire une cure. Au moment où je vous écris, cela fait bien un mois que ce n’est plus la saison du pak choï. Nous avons tenté une alternative avec des épinards, et cela fonctionne très bien.
Le tantanmen : histoire, influences et différences avec les ramen classiques
Revenons à notre tantanmen. Il s’agit d’un ramen onctueux au sésame, relevé de doubanjiang (pâte de piment fermentée) et d’huile pimentée, garni de porc haché sauté et de légumes verts. On le distingue des autres ramen par l’absence de toppings comme le chashu ou les œufs marinés. Ce plat est une adaptation japonaise des dandanmian, spécialité du Sichuan réputée pour sa cuisine épicée. Les Japonais en ont créé une version plus douce : le poivre du Sichuan a été remplacé par la pâte de piment fermenté, et le bouillon est devenu crémeux grâce à la pâte de sésame et au lait de soja. La pâte de sésame utilisée n’est pas la même que le tahini du houmous : on peut l’utiliser, mais le goût et la texture diffèrent légèrement.
Même si le tantanmen reste moins épicé que son ancêtre chinois, beaucoup pensent encore qu’il est très relevé. Chez Shiawassé, Ikuko et Stéphane ont justement adapté la recette pour que chacun puisse ajuster l’intensité selon son palais.
Je suis toujours fascinée par la manière dont les cultures d’une même région se croisent et comment les plats évoluent pour s’adapter aux goûts locaux. C’est d’autant plus intéressant quand les relations entre pays ont été tendues. Avec mon regard extérieur, je n’ai pas le poids de l’histoire, et pourtant on voit bien que même les “ennemis jurés” partagent parfois des racines communes.
Par exemple, j’ai discuté un jour avec une personne d’origine coréenne qui refusait catégoriquement l’idée que la culture coréenne et la culture japonaise puissent se ressembler. Pourtant, rien qu’en observant la langue, les structures de phrases et certaines sonorités, on retrouve des points communs. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet : je comprends que les rancœurs existent. Mais faut‑il pour autant laisser ces reliquats du passé perdurer ? Je ne le pense pas, et cela n’empêche pas de reconnaître l’histoire.
Pour revenir aux dandanmian, ils n’étaient à l’origine pas servis avec du bouillon. Cette version “en soupe” serait apparue du côté de Hong Kong. Quant au nom, il viendrait directement des vendeurs ambulants qui transportaient leurs nouilles suspendues à une perche : deux paniers de chaque côté, comme on en voit dans les images traditionnelles.
Lors de cet atelier, en plus du tantanmen, nous avons réalisé des gyozas aux crevettes, une salade de wakamé, puis terminé sur une note sucrée avec des daifuku mochi à la fraise.
Petit article cette semaine. Profitez bien de votre week-end de Pâques si vous en avez l'opportunité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article. Ou le mercredi, le jeudi et exceptionnellement lundi sur Twitch pour suivre mes aventures sur Clair Obscur : Expedition 33.
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